Ressources humaines

Digitalisation RH et expérience salarié : un enjeu de fidélisationDigitalisation RH et experience salarié : un enjeu de fidélisation

Digitalisation RH et experience salarié : un enjeu de fidélisation
15 February 2017

Cofondateur de Happy to meet you,Florent Letourneur voit dans l’expérience salarié un enjeu décisif pour l’avenir en ce qu’elle peut permettre de construire une relation employeur/salarié fructueuse,et non pas marquée par la défiance.

L’expérience salarié est-elle une mode appelée à passer,ou va-t-elle au contraire susciter de plus en plus l’attention des dirigeants et DRH ?

Nous n’en sommes selon moi qu’au début d’un mouvement qui n’est pas prêt de s’arrêter ! L’expérience salarié va de plus en plus susciter l’attention des dirigeants et DRH,même si nombre d’entre eux n’en font pas encore cas. Il ne s’agit pas d’un sujet relevant uniquement des RH,ou de la direction informatique,mais qui doit impliquer tous les managers de l’entreprise. Un DRH ne peut porter ce sujet à lui seul,l’expérience salarié se jouant largement sur des éléments comme,par exemple,l’accueil fait par les managers aux nouveaux entrants ! Par ailleurs,le profil et les attentes des salariés ont profondément changé ces dernières années. Dans le marché du travail actuel tendu,qui incite à la stabilité,les questions de motivation et d’engagement doivent être au cœur des préoccupations des DRH. L’expérience salarié peut apporter des réponses dans ces domaines. Cela passe par les actes managériaux,l’exemplarité des managers,la communication interne... et le digital. Dans les processus des organisations,l’intranet et tous les outils de self-care ne sont pas forcément à la hauteur des outils à destination de l’expérience client. Les entreprises doivent dématérialiser avec le même dynamisme pour les salariés qu’elles le font pour les clients. Parallèlement aux entreprises en pointe en termes de SIRH,de RSE,il existe encore des freins dans de nombreuses organisations,même pour la mise en place d’outils de confort pourtant efficaces et très simples à utiliser. Ces freins proviennent parfois du DRH lui-même,pas forcément à l’aise avec ces outils et donc pas prêt à renforcer l’expérience digitale salarié. Or il n’y a plus aujourd’hui d’expérience client de qualité sans une expérience salarié de qualité ! Comment,en souffrant dans l’entreprise d’un manque de digitalisation,un employé peut-il être le promoteur de solutions simplificatrices pour ses clients ? Je pense à cette firme qui demande à ses salariés de promouvoir des applications pour smartphones,mais qui ne leur fournit pas de smartphones.

L’innovation digitale est perpétuelle,mais jusqu’où peut-elle continuer de faire sens en entreprise ? En d’autres termes,existe-t-il une limite déontologique,business ou autre,à la digitalisation de l’entreprise ?

Comme l’a dit Gilles Babinet,la révolution digitale ne fait que commencer. Prenez le cas des chatbots,qui vont transformer profondément le métier de la relation client. Le chat et le chat automatique vont compléter les canaux classiques (mail et téléphone). De plus en plus,les réseaux sociaux sont également des outils de relation avec les clients en termes de SAV. L’entreprise doit-elle permettre l’ouverture des réseaux sociaux aux collaborateurs ?

Je pense que oui,parce que les clients les utilisent déjà dans la sphère privée et veulent poser leurs questions via ce biais. Mais quid de l’avenir du métier de conseiller client si un robot répond,via des chatbots,à sa place ? Le remplacement de l’humain par des machines pose question si les nouveaux métiers qui se créent parallèlement ne représentent qu’un faible volume d’emploi. Je pense que la limite n’est ni technique,ni économique,ni business : elle est sociétale. Quelle société voulons-nous,avec quelle place accordée au travail et quel rapport à celui-ci ?

Plus généralement,comment voyez-vous évoluer la relation employeur salarié dans les années à venir ?

Elle risque d’être compliquée. Le phénomène des slashers,observé depuis trois ou quatre ans,est assez symptomatique. Convaincus qu’il sera difficile de trouver facilement et rapidement un CDI répondant à leurs attentes,les slashers travaillent en fonction de leur intérêt pour les projets de telle ou telle entreprise,mais sans faire cas de l’employeur. Avoir plusieurs activité professionnelles devient pour eux classique. Soyons clairs,le sentiment d’appartenance à l’entreprise a été fort,il ne l’est plus pour les jeunes générations,ce qui commence à bousculer la relation salarié employeur. L’entreprise en est sans doute partiellement responsable : l’abus des CDD,par exemple,a contribué à précariser l’emploi.

Cependant,je suis convaincu que l’expérience salarié peut recréer de l’engagement pour l’entreprise. Celle-ci doit rassurer les générations montantes. Certains groupes qui communiquent sur leurs recrutements alors qu’ils font parallèlement des plans sociaux doivent en prendre conscience,sous peine que la relation employeur salarié ne soit marquée par la défiance entre les deux parties.

La génération Z n’attend pas des promesses,mais des faits. La marque employeur doit privilégier l’authenticité et la cohérence avec l’expérience salarié pour fidéliser à nouveau.

Digitalisation RH et experience salarié : un enjeu de fidélisation

Cofondateur de Happy to meet you,Florent Letourneur voit dans l’expérience salarié un enjeu décisif pour l’avenir en ce qu’elle peut permettre de construire une relation employeur/salarié fructueuse,et non pas marquée par la défiance.

L’expérience salarié est-elle une mode appelée à passer,ou va-t-elle au contraire susciter de plus en plus l’attention des dirigeants et DRH ?

Nous n’en sommes selon moi qu’au début d’un mouvement qui n’est pas prêt de s’arrêter ! L’expérience salarié va de plus en plus susciter l’attention des dirigeants et DRH,même si nombre d’entre eux n’en font pas encore cas. Il ne s’agit pas d’un sujet relevant uniquement des RH,ou de la direction informatique,mais qui doit impliquer tous les managers de l’entreprise. Un DRH ne peut porter ce sujet à lui seul,l’expérience salarié se jouant largement sur des éléments comme,par exemple,l’accueil fait par les managers aux nouveaux entrants ! Par ailleurs,le profil et les attentes des salariés ont profondément changé ces dernières années. Dans le marché du travail actuel tendu,qui incite à la stabilité,les questions de motivation et d’engagement doivent être au cœur des préoccupations des DRH. L’expérience salarié peut apporter des réponses dans ces domaines. Cela passe par les actes managériaux,l’exemplarité des managers,la communication interne... et le digital. Dans les processus des organisations,l’intranet et tous les outils de self-care ne sont pas forcément à la hauteur des outils à destination de l’expérience client. Les entreprises doivent dématérialiser avec le même dynamisme pour les salariés qu’elles le font pour les clients. Parallèlement aux entreprises en pointe en termes de SIRH,de RSE,il existe encore des freins dans de nombreuses organisations,même pour la mise en place d’outils de confort pourtant efficaces et très simples à utiliser. Ces freins proviennent parfois du DRH lui-même,pas forcément à l’aise avec ces outils et donc pas prêt à renforcer l’expérience digitale salarié. Or il n’y a plus aujourd’hui d’expérience client de qualité sans une expérience salarié de qualité ! Comment,en souffrant dans l’entreprise d’un manque de digitalisation,un employé peut-il être le promoteur de solutions simplificatrices pour ses clients ? Je pense à cette firme qui demande à ses salariés de promouvoir des applications pour smartphones,mais qui ne leur fournit pas de smartphones.
 

 

L’innovation digitale est perpétuelle,mais jusqu’où peut-elle continuer de faire sens en entreprise ? En d’autres termes,existe-t-il une limite déontologique,business ou autre,à la digitalisation de l’entreprise ?

Comme l’a dit Gilles Babinet,la révolution digitale ne fait que commencer. Prenez le cas des chatbots,qui vont transformer profondément le métier de la relation client. Le chat et le chat automatique vont compléter les canaux classiques (mail et téléphone). De plus en plus,les réseaux sociaux sont également des outils de relation avec les clients en termes de SAV. L’entreprise doit-elle permettre l’ouverture des réseaux sociaux aux collaborateurs ?

Je pense que oui,parce que les clients les utilisent déjà dans la sphère privée et veulent poser leurs questions via ce biais. Mais quid de l’avenir du métier de conseiller client si un robot répond,via des chatbots,à sa place ? Le remplacement de l’humain par des machines pose question si les nouveaux métiers qui se créent parallèlement ne représentent qu’un faible volume d’emploi. Je pense que la limite n’est ni technique,ni économique,ni business : elle est sociétale. Quelle société voulons-nous,avec quelle place accordée au travail et quel rapport à celui-ci ?
 

 

Plus généralement,comment voyez-vous évoluer la relation employeur salarié dans les années à venir ?

Elle risque d’être compliquée. Le phénomène des slashers,observé depuis trois ou quatre ans,est assez symptomatique. Convaincus qu’il sera difficile de trouver facilement et rapidement un CDI répondant à leurs attentes,les slashers travaillent en fonction de leur intérêt pour les projets de telle ou telle entreprise,mais sans faire cas de l’employeur. Avoir plusieurs activité professionnelles devient pour eux classique. Soyons clairs,le sentiment d’appartenance à l’entreprise a été fort,il ne l’est plus pour les jeunes générations,ce qui commence à bousculer la relation salarié employeur. L’entreprise en est sans doute partiellement responsable : l’abus des CDD,par exemple,a contribué à précariser l’emploi.

Cependant,je suis convaincu que l’expérience salarié peut recréer de l’engagement pour l’entreprise. Celle-ci doit rassurer les générations montantes. Certains groupes qui communiquent sur leurs recrutements alors qu’ils font parallèlement des plans sociaux doivent en prendre conscience,sous peine que la relation employeur salarié ne soit marquée par la défiance entre les deux parties.

La génération Z n’attend pas des promesses,mais des faits. La marque employeur doit privilégier l’authenticité et la cohérence avec l’expérience salarié pour fidéliser à nouveau.

Évaluez l'article :
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Aucune évaluation)
Partagez l'article :

0 Commentaires

Commenter

Ces articles pourraient vous intéresser

POURQUOI LE TEM EST TOUJOURS D’ACTUALITÉ ?

  communication, compétitivité entreprises, experience collaborateur, expérience salarié, nouvelles technologies, Relation Clients, technologie, Télécom, TEM, terminaux, transformation digitale, transition digitale, transition numérique, travail collaboratif, travail nomade

Le Telecom Expense Management (TEM) : un peu d’histoire… Le marché du TEM (ou gestion de parc et de facture télécom)…

10 September 2019 0 commentaires 0

Pourquoi adopter la signature électronique ?

  général, Relation Clients, signature électronique

La signature électronique fait désormais partie des outils numériques mis à la disposition des entreprises et collectivités. Elle représente . . .

01 July 2019 0 commentaires 0

Carte Blanche Partenaires devient opérateur frontal accrédité Ses . . .

  business partner, dématérialisation, digitalisation, données numériques, esanté, gestion administrative

 Afin de mieux accompagner les professionnels de santé dans la mise en place du tiers-payant généralisé, Carte Blanche Partenaires… . . .

09 April 2019 0 commentaires 0

Ressources humaines

Digitalisation RH et expérience salarié : un enjeu de fidélisationDigitalisation RH et experience salarié : un enjeu de fidélisation

Digitalisation RH et experience salarié : un enjeu de fidélisation
Par  15 February 2017

Cofondateur de Happy to meet you,Florent Letourneur voit dans l’expérience salarié un enjeu décisif pour l’avenir en ce qu’elle peut permettre de construire une relation employeur/salarié fructueuse,et non pas marquée par la défiance.

L’expérience salarié est-elle une mode appelée à passer,ou va-t-elle au contraire susciter de plus en plus l’attention des dirigeants et DRH ?

Nous n’en sommes selon moi qu’au début d’un mouvement qui n’est pas prêt de s’arrêter ! L’expérience salarié va de plus en plus susciter l’attention des dirigeants et DRH,même si nombre d’entre eux n’en font pas encore cas. Il ne s’agit pas d’un sujet relevant uniquement des RH,ou de la direction informatique,mais qui doit impliquer tous les managers de l’entreprise. Un DRH ne peut porter ce sujet à lui seul,l’expérience salarié se jouant largement sur des éléments comme,par exemple,l’accueil fait par les managers aux nouveaux entrants ! Par ailleurs,le profil et les attentes des salariés ont profondément changé ces dernières années. Dans le marché du travail actuel tendu,qui incite à la stabilité,les questions de motivation et d’engagement doivent être au cœur des préoccupations des DRH. L’expérience salarié peut apporter des réponses dans ces domaines. Cela passe par les actes managériaux,l’exemplarité des managers,la communication interne... et le digital. Dans les processus des organisations,l’intranet et tous les outils de self-care ne sont pas forcément à la hauteur des outils à destination de l’expérience client. Les entreprises doivent dématérialiser avec le même dynamisme pour les salariés qu’elles le font pour les clients. Parallèlement aux entreprises en pointe en termes de SIRH,de RSE,il existe encore des freins dans de nombreuses organisations,même pour la mise en place d’outils de confort pourtant efficaces et très simples à utiliser. Ces freins proviennent parfois du DRH lui-même,pas forcément à l’aise avec ces outils et donc pas prêt à renforcer l’expérience digitale salarié. Or il n’y a plus aujourd’hui d’expérience client de qualité sans une expérience salarié de qualité ! Comment,en souffrant dans l’entreprise d’un manque de digitalisation,un employé peut-il être le promoteur de solutions simplificatrices pour ses clients ? Je pense à cette firme qui demande à ses salariés de promouvoir des applications pour smartphones,mais qui ne leur fournit pas de smartphones.

L’innovation digitale est perpétuelle,mais jusqu’où peut-elle continuer de faire sens en entreprise ? En d’autres termes,existe-t-il une limite déontologique,business ou autre,à la digitalisation de l’entreprise ?

Comme l’a dit Gilles Babinet,la révolution digitale ne fait que commencer. Prenez le cas des chatbots,qui vont transformer profondément le métier de la relation client. Le chat et le chat automatique vont compléter les canaux classiques (mail et téléphone). De plus en plus,les réseaux sociaux sont également des outils de relation avec les clients en termes de SAV. L’entreprise doit-elle permettre l’ouverture des réseaux sociaux aux collaborateurs ? Je pense que oui,parce que les clients les utilisent déjà dans la sphère privée et veulent poser leurs questions via ce biais. Mais quid de l’avenir du métier de conseiller client si un robot répond,via des chatbots,à sa place ? Le remplacement de l’humain par des machines pose question si les nouveaux métiers qui se créent parallèlement ne représentent qu’un faible volume d’emploi. Je pense que la limite n’est ni technique,ni économique,ni business : elle est sociétale. Quelle société voulons-nous,avec quelle place accordée au travail et quel rapport à celui-ci ?

Plus généralement,comment voyez-vous évoluer la relation employeur salarié dans les années à venir ?

Elle risque d’être compliquée. Le phénomène des slashers,observé depuis trois ou quatre ans,est assez symptomatique. Convaincus qu’il sera difficile de trouver facilement et rapidement un CDI répondant à leurs attentes,les slashers travaillent en fonction de leur intérêt pour les projets de telle ou telle entreprise,mais sans faire cas de l’employeur. Avoir plusieurs activité professionnelles devient pour eux classique. Soyons clairs,le sentiment d’appartenance à l’entreprise a été fort,il ne l’est plus pour les jeunes générations,ce qui commence à bousculer la relation salarié employeur. L’entreprise en est sans doute partiellement responsable : l’abus des CDD,par exemple,a contribué à précariser l’emploi. Cependant,je suis convaincu que l’expérience salarié peut recréer de l’engagement pour l’entreprise. Celle-ci doit rassurer les générations montantes. Certains groupes qui communiquent sur leurs recrutements alors qu’ils font parallèlement des plans sociaux doivent en prendre conscience,sous peine que la relation employeur salarié ne soit marquée par la défiance entre les deux parties. La génération Z n’attend pas des promesses,mais des faits. La marque employeur doit privilégier l’authenticité et la cohérence avec l’expérience salarié pour fidéliser à nouveau.
Digitalisation RH et experience salarié : un enjeu de fidélisation

Cofondateur de Happy to meet you,Florent Letourneur voit dans l’expérience salarié un enjeu décisif pour l’avenir en ce qu’elle peut permettre de construire une relation employeur/salarié fructueuse,et non pas marquée par la défiance.

L’expérience salarié est-elle une mode appelée à passer,ou va-t-elle au contraire susciter de plus en plus l’attention des dirigeants et DRH ?

Nous n’en sommes selon moi qu’au début d’un mouvement qui n’est pas prêt de s’arrêter ! L’expérience salarié va de plus en plus susciter l’attention des dirigeants et DRH,même si nombre d’entre eux n’en font pas encore cas. Il ne s’agit pas d’un sujet relevant uniquement des RH,ou de la direction informatique,mais qui doit impliquer tous les managers de l’entreprise. Un DRH ne peut porter ce sujet à lui seul,l’expérience salarié se jouant largement sur des éléments comme,par exemple,l’accueil fait par les managers aux nouveaux entrants ! Par ailleurs,le profil et les attentes des salariés ont profondément changé ces dernières années. Dans le marché du travail actuel tendu,qui incite à la stabilité,les questions de motivation et d’engagement doivent être au cœur des préoccupations des DRH. L’expérience salarié peut apporter des réponses dans ces domaines. Cela passe par les actes managériaux,l’exemplarité des managers,la communication interne... et le digital. Dans les processus des organisations,l’intranet et tous les outils de self-care ne sont pas forcément à la hauteur des outils à destination de l’expérience client. Les entreprises doivent dématérialiser avec le même dynamisme pour les salariés qu’elles le font pour les clients. Parallèlement aux entreprises en pointe en termes de SIRH,de RSE,il existe encore des freins dans de nombreuses organisations,même pour la mise en place d’outils de confort pourtant efficaces et très simples à utiliser. Ces freins proviennent parfois du DRH lui-même,pas forcément à l’aise avec ces outils et donc pas prêt à renforcer l’expérience digitale salarié. Or il n’y a plus aujourd’hui d’expérience client de qualité sans une expérience salarié de qualité ! Comment,en souffrant dans l’entreprise d’un manque de digitalisation,un employé peut-il être le promoteur de solutions simplificatrices pour ses clients ? Je pense à cette firme qui demande à ses salariés de promouvoir des applications pour smartphones,mais qui ne leur fournit pas de smartphones.
 

 

L’innovation digitale est perpétuelle,mais jusqu’où peut-elle continuer de faire sens en entreprise ? En d’autres termes,existe-t-il une limite déontologique,business ou autre,à la digitalisation de l’entreprise ?

Comme l’a dit Gilles Babinet,la révolution digitale ne fait que commencer. Prenez le cas des chatbots,qui vont transformer profondément le métier de la relation client. Le chat et le chat automatique vont compléter les canaux classiques (mail et téléphone). De plus en plus,les réseaux sociaux sont également des outils de relation avec les clients en termes de SAV. L’entreprise doit-elle permettre l’ouverture des réseaux sociaux aux collaborateurs ?

Je pense que oui,parce que les clients les utilisent déjà dans la sphère privée et veulent poser leurs questions via ce biais. Mais quid de l’avenir du métier de conseiller client si un robot répond,via des chatbots,à sa place ? Le remplacement de l’humain par des machines pose question si les nouveaux métiers qui se créent parallèlement ne représentent qu’un faible volume d’emploi. Je pense que la limite n’est ni technique,ni économique,ni business : elle est sociétale. Quelle société voulons-nous,avec quelle place accordée au travail et quel rapport à celui-ci ?
 

 

Plus généralement,comment voyez-vous évoluer la relation employeur salarié dans les années à venir ?

Elle risque d’être compliquée. Le phénomène des slashers,observé depuis trois ou quatre ans,est assez symptomatique. Convaincus qu’il sera difficile de trouver facilement et rapidement un CDI répondant à leurs attentes,les slashers travaillent en fonction de leur intérêt pour les projets de telle ou telle entreprise,mais sans faire cas de l’employeur. Avoir plusieurs activité professionnelles devient pour eux classique. Soyons clairs,le sentiment d’appartenance à l’entreprise a été fort,il ne l’est plus pour les jeunes générations,ce qui commence à bousculer la relation salarié employeur. L’entreprise en est sans doute partiellement responsable : l’abus des CDD,par exemple,a contribué à précariser l’emploi.

Cependant,je suis convaincu que l’expérience salarié peut recréer de l’engagement pour l’entreprise. Celle-ci doit rassurer les générations montantes. Certains groupes qui communiquent sur leurs recrutements alors qu’ils font parallèlement des plans sociaux doivent en prendre conscience,sous peine que la relation employeur salarié ne soit marquée par la défiance entre les deux parties.

La génération Z n’attend pas des promesses,mais des faits. La marque employeur doit privilégier l’authenticité et la cohérence avec l’expérience salarié pour fidéliser à nouveau.