Paroles d’experts

Services numériques responsables : « Au-delà de l’impact environnemental et éthique, il faut prendre en compte les problématiques sociétales  »

visuel-interview-delphine-benard
29 June 2020

3 questions à Delphine Bénard, responsable RSE chez  Docaposte

Delphine Benard portrait

Née il y a une quinzaine d’années, la démarche « Green IT » - qui consiste à réduire l’empreinte environnementale du numérique - laisse de plus en plus la place à une démarche de « Numérique Responsable » qui se veut plus globale et répond à une prise de conscience à la fois écologique et sociétale des acteurs du numérique.
Comment adopter une politique numérique plus « responsable »  ?
Comment se traduit concrètement cette démarche chez Docaposte ?

1. On entend de plus en plus parler de « Green IT » ou de « Numérique Responsable » : de quoi s’agit-il, quelle définition peut-on en donner ?

« Avec le développement du numérique, on a assisté à une sorte d’euphorie : parmi tous les intérêts que présentait la dématérialisation, on y a vu une opportunité écologique, notamment grâce à l’économie de matières premières comme le papier. Au fil du temps et le numérique se démocratisant, des experts se sont emparés du sujet et diverses études ont mis en lumière le fait que les services numériques laissaient, eux aussi, une empreinte environnementale. C’est ainsi qu’est née la démarche «Green IT» il y a une quinzaine d’années.

Au début de cette prise de conscience, on avait surtout connaissance que le matériel informatique avait un impact non négligeable sur l’environnement (épuisement des ressources, pollution de la terre, de l’air et des eaux lors de la fabrication des matériels, consommation d’énergie lors de leur utilisation…). C’est à ce moment-là que sont nés certains labels pour les ordinateurs. Au fur et à mesure, le champ du Green IT s’est élargi pour inclure de nouvelles démarches afin de réduire l’impact environnemental du numérique, comme l’écoconception des services numériques pour lutter contre ce que l’on appelle « l’obésité numérique » qui rend les matériels rapidement obsolètes et entraîne leur renouvellement régulier.  Ont également vu le jour des démarches de sensibilisation des utilisateurs ou de réemploi des matériels

Aujourd’hui, le « Green IT » tend à être remplacé par le « Numérique Responsable », une approche plus globale car elle va au-delà de l’impact environnemental et prend en compte les problématiques sociétales. En effet, pour être complètement responsable, un service numérique doit non seulement avoir un impact environnemental maîtrisé mais aussi avoir été développé dans le respect de règles éthiques strictes, notamment en ce qui concerne les systèmes d’Intelligence artificielle. Il doit aussi être accessible aux personnes en situation de handicap. »

2. Quelle place les entreprises françaises accordent-elles au « Numérique Responsable » ? Est-ce devenu un enjeu pour leurs clients et/ou leurs collaborateurs ?

« Nous assistons à une telle poussée écologique générale que les entreprises suivent le mouvement en adoptant des solutions et des comportements visant à limiter leur impact sur l’environnement. Certes, il est encore trop tôt pour savoir réellement où en sont les entreprises dans leur démarche « Numérique Responsable », mais on ressent une réelle attente de la part des différentes parties prenantes, notamment dans les appels d’offres. Chez Docaposte, on le constate : les grands comptes cherchent à travailler avec des partenaires qui ont pris en

compte ces considérations. En travaillant avec des prestataires exemplaires, ils alimentent aussi leur propre démarche  sociétale.

En tant qu’entreprise du numérique, nous avons-nous-mêmes une responsabilité vis-à-vis de la société et pour nos collaborateurs de se montrer exemplaire.

En effet, il faut montrer aux collaborateurs que la société dans laquelle ils travaillent est engagé dans cette démarche citoyenne et partage les mêmes valeurs qu’eux. On le constate dès le recrutement : pour les nouvelles générations notamment, le manque de conscience écologique et sociétale d’une entreprise peut clairement motiver un refus à la rejoindre. Dans les métiers du numérique, il est difficile de capter ces populations d’actifs ou bien de les fidéliser si, une fois, à l’intérieur, elles constatent un décalage avec les valeurs attendues. En ce sens, le « Numérique Responsable » est également devenu un sujet de marque employeur.

Aussi, avoir une politique de « Numérique Responsable » permet de conjuguer attentes clients, écologie et engagement sociétal. »

«  Chez Docaposte, nous défendons une politique de numérique responsable à 360°.  »

3. Qu’en est-il chez Docaposte ? En interne, comme chez ses clients, comment Docaposte favorise-t-elle des pratiques en faveur d’un « Numérique Responsable » ?

« Depuis longtemps chez Docaposte, nous visons à minimiser notre impact sur l’environnement. Notre politique « Numérique Responsable » est le reflet de cette démarche ; en favorisant une conception responsable de nos services numériques, elle trouve sa place dans notre politique RSE qui comporte un volet environnemental, mais également un volet social qui concerne les parties prenantes internes et un volet sociétal qui interroge la place de Docaposte vis-à-vis des parties prenantes externes.

Notre politique « Numérique Responsable » se traduit notamment par la réalisation de l’analyse de cycle de vie d’une offre afin de dégager des bonnes pratiques de développement permettant d’éco-concevoir nos solutions. De même, nous sensibilisons nos collaborateurs : nous avons ainsi commencé à former nos services SI – architectes et développeurs – pour les amener à prendre en compte l’impact environnemental des services qu’ils développent.  En ce qui concerne nos infrastructures, nous avons décidé d’externaliser la localisation physique de nos datacenters et de les regrouper en 4 datacenters à la pointe de la technologie. L’un d’eux utilise d’ailleurs une énergie 100% d’origine hydraulique et tous disposent de certifications environnementales  (ISO14001 et ISO-50001). Nous restons bien entendu maîtres des données que nous hébergeons pour nos clients. Nous opérons nous-mêmes ces datacenters mais bénéficions de sites physiques à la pointe des démarches en faveur de l’environnement.

Bref, chez Docaposte, nous défendons une politique de numérique responsable à 360° qui va au-delà de la maîtrise de l’impact de nos services numériques sur l’environnement. Notre politique Numérique Responsable inclut également un volet « Protection des données à caractère personnel de nos clients et de leurs clients » (Charte Data, Politique de Sécurité des SI, formations RGPD…), un volet éthique visant à garantir une relation de confiance à l’ensemble de nos parties prenantes (Charte Achats Responsables et Ethique, Code éthique et de Déontologie, formations, notamment à la Loi Sapin II)  et, enfin, un volet « Accessibilité » dont l’objectif est de rendre nos services numériques accessibles aux personnes en situation de handicap.

Cette politique est en lien direct avec les engagements pris par le Groupe La Poste, maison-mère de Docaposte, qui a fait de l’avènement d’un numérique éthique et responsable l’un de ses défis sociétaux majeurs. »

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Mots clés : général

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Delphine Benard portrait Née il y a une quinzaine d’années, la démarche « Green IT » - qui consiste à réduire l’empreinte environnementale du numérique - laisse de plus en plus la place à une démarche de « Numérique Responsable » qui se veut plus globale et répond à une prise de conscience à la fois écologique et sociétale des acteurs du numérique. Comment adopter une politique numérique plus « responsable »  ? Comment se traduit concrètement cette démarche chez Docaposte ?

1. On entend de plus en plus parler de « Green IT » ou de « Numérique Responsable » : de quoi s’agit-il, quelle définition peut-on en donner ?

« Avec le développement du numérique, on a assisté à une sorte d’euphorie : parmi tous les intérêts que présentait la dématérialisation, on y a vu une opportunité écologique, notamment grâce à l’économie de matières premières comme le papier. Au fil du temps et le numérique se démocratisant, des experts se sont emparés du sujet et diverses études ont mis en lumière le fait que les services numériques laissaient, eux aussi, une empreinte environnementale. C’est ainsi qu’est née la démarche «Green IT» il y a une quinzaine d’années. Au début de cette prise de conscience, on avait surtout connaissance que le matériel informatique avait un impact non négligeable sur l’environnement (épuisement des ressources, pollution de la terre, de l’air et des eaux lors de la fabrication des matériels, consommation d’énergie lors de leur utilisation…). C’est à ce moment-là que sont nés certains labels pour les ordinateurs. Au fur et à mesure, le champ du Green IT s’est élargi pour inclure de nouvelles démarches afin de réduire l’impact environnemental du numérique, comme l’écoconception des services numériques pour lutter contre ce que l’on appelle « l’obésité numérique » qui rend les matériels rapidement obsolètes et entraîne leur renouvellement régulier.  Ont également vu le jour des démarches de sensibilisation des utilisateurs ou de réemploi des matériels… Aujourd’hui, le « Green IT » tend à être remplacé par le « Numérique Responsable », une approche plus globale car elle va au-delà de l’impact environnemental et prend en compte les problématiques sociétales. En effet, pour être complètement responsable, un service numérique doit non seulement avoir un impact environnemental maîtrisé mais aussi avoir été développé dans le respect de règles éthiques strictes, notamment en ce qui concerne les systèmes d’Intelligence artificielle. Il doit aussi être accessible aux personnes en situation de handicap. »

2. Quelle place les entreprises françaises accordent-elles au « Numérique Responsable » ? Est-ce devenu un enjeu pour leurs clients et/ou leurs collaborateurs ?

« Nous assistons à une telle poussée écologique générale que les entreprises suivent le mouvement en adoptant des solutions et des comportements visant à limiter leur impact sur l’environnement. Certes, il est encore trop tôt pour savoir réellement où en sont les entreprises dans leur démarche « Numérique Responsable », mais on ressent une réelle attente de la part des différentes parties prenantes, notamment dans les appels d’offres. Chez Docaposte, on le constate : les grands comptes cherchent à travailler avec des partenaires qui ont pris en compte ces considérations. En travaillant avec des prestataires exemplaires, ils alimentent aussi leur propre démarche  sociétale. En tant qu’entreprise du numérique, nous avons-nous-mêmes une responsabilité vis-à-vis de la société et pour nos collaborateurs de se montrer exemplaire. En effet, il faut montrer aux collaborateurs que la société dans laquelle ils travaillent est engagé dans cette démarche citoyenne et partage les mêmes valeurs qu’eux. On le constate dès le recrutement : pour les nouvelles générations notamment, le manque de conscience écologique et sociétale d’une entreprise peut clairement motiver un refus à la rejoindre. Dans les métiers du numérique, il est difficile de capter ces populations d’actifs ou bien de les fidéliser si, une fois, à l’intérieur, elles constatent un décalage avec les valeurs attendues. En ce sens, le « Numérique Responsable » est également devenu un sujet de marque employeur. Aussi, avoir une politique de « Numérique Responsable » permet de conjuguer attentes clients, écologie et engagement sociétal. »
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