Paroles d’experts

Projet de cloud souverain européen GAIA-X : Docaposte, membre fondateur de GAIA-X, « apporte ses services et son savoir-faire en matière de mise en œuvre technique des normes européennes ».

GAIA-X Docaposte
08 June 2020

candice-dauge

Le 4 juin 2020, une communication conjointe des ministres français et allemand de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, a annoncé le lancement officiel de GAIA-X, l’infrastructure de données sûre et souveraine portée par les valeurs européennes en matière de gestion des data, de transparence et d’utilisation des standards internationaux.
Membre fondateur, Docaposte, déjà très impliquée dans le respect de la confidentialité et de la sécurité des données de ses clients, est fière de lancer, aux côtés des 21 autres membres fondateurs parmi les plus gros acteurs du cloud en Europe (11 français et 11 allemands), ce projet qui conduira l'industrie du cloud dans une nouvelle voie et une nouvelle perspective européenne !

3 questions à Olivier Senot, Directeur de l’Innovation Numérique et des relations Institutionnelles chez Docaposte

1. Certaines entreprises ont pris le virage du cloud dans les années 2010. Comment a évolué cet écosystème d’acteurs du cloud d’infrastructure en Europe ces dernières années ?

« La principale expérience d’un cloud souverain a été initiée en 2012 par Orange qui a tenté, avec Cloudwatt, de créer ex-nihilo une infrastructure dite « souveraine » dans le but de protéger ces données. Cette offre s’adressait aux acteurs professionnels de l’informatique et du numérique, aux entreprises et aux organismes publics. Dans un monde qui évolue extrêmement vite, cette infrastructure a rapidement démontré ses limites notamment en termes de fonctionnalités attendues par les utilisateurs et de capacités techniques. Après une expérience peu concluante, Orange a finalement annoncé à ses clients fin juillet 2019 la cessation de sa plateforme Cloudwatt. Cet échec s’explique probablement aussi par un time to market qui n’était pas le bon à une époque où le cloud n’était pas aussi développé et utilisé qu’aujourd’hui.

Le constat actuel, et qui s’appuie sur une récente étude publiée par O’Reilly Media, est que les entreprises en Europe ont été plus lentes à adopter des infrastructures de données basées sur le cloud que le reste du monde, moins d'un quart (24%) ayant utilisé le cloud en production pendant plus de quatre ans. De même, l’Europe accuse un retard conséquent face aux grandes infrastructures américaines ou chinoises.  Heureusement, ces dernières années, les choses se sont accélérées et le marché européen s’est structuré avec des acteurs dont les positions se sont verticalisées avec des cloud IAAS (Infrastructure as-a-service). Parmi eux : OVH, Outscale, ou de nouveaux entrants comme Scaleway (offre professionnelle de Free). Ces acteurs incarnent un cloud européen avec un modèle différent. Ils font face aux géants tels que les Américains Microsoft Azure, AWS d'Amazon , Google et le Chinois Alibaba. Quoi qu’il en soit, l’Europe semble déterminée à rattraper son retard.

Le cloud fait désormais partie de l'organisation informatique standard pour stocker « l’or noir du XXIe siècle » : les données. L’intégration du cloud dans le SI des entreprises doit se poursuivre, tant d’un point de vue technique qu’opérationnel. »

2. Qu’est ce qui caractérise le cloud européen ? Qu’est-ce qui fait sa particularité et quelles sont les valeurs à respecter ?

« Aujourd’hui, le cloud européen peut répondre à 2 interrogations que se posent les DSI : comment je protège mes données et comment j’assure la souveraineté de ces données vis-à-vis des infrastructures tiers ?

Les sociétés qui ont des infrastructures en Europe, dont beaucoup sont américaines, ne respectent pas pour autant nos valeurs en termes de protection et de partage des données.  La Chine aussi investit massivement : 64 milliards de dollars seront injectés dans les prochaines années dans le développement de leur cloud. Les Chinois sont à même, d’ici 5 ans, d’avoir rattrapé tout le monde et de pouvoir proposer aux entreprises françaises ce genre de technologies, à l'instar des Américains aujourd'hui.
Or, les questions de protection et de partage des données sont les 2 principaux dangers que court l’industrie européenne. En effet, à partir du moment où elle ne serait plus capable de sécuriser ses données, elle se mettrait en difficulté.

Si la sécurité des données est le premier danger, la vassalité en est un autre. Même avec une infrastructure localisée en Europe, il est crucial de rester indépendant de la technologie et de la politique non européennes pour des données sensibles, mais également pour les données utilisées dans l’apprentissage de l’IA. Dans certains pays européens, on voit en effet des organisations dont l’intégralité du socle informatique repose sur des plateformes non européennes faisant alors naître le risque de perte de maîtrise du socle IT et des données à la faveur d’une tension commerciale ou géopolitique.
Pour se libérer de cette dépendance vis-à-vis des géants internationaux, il est important de structurer un cloud européen qui mettra à l’abri les entreprises européennes d’une tension à venir avec les autres continents. Il est donc crucial de favoriser l’émergence d’une infrastructure technique reposant sur les valeurs européennes de partage et de transparence d’utilisation de masses importantes de données  qui nous manque en Europe.

Les valeurs de l’Europe reposent également sur une stratégie data qui prône l’échange et la mise en commun des données non personnelles, c’est-à-dire anonymisées,  à travers un outil permettant de nourrir les moteurs d’intelligence artificielle. L’intérêt de cette mise en commun est de pouvoir ainsi produire des modèles mathématiques et prédictifs qui s’adressent plutôt à l’industrie au sens large : automobile, smart city, transports en commun, santé… Par exemple, de plus en plus de véhicules automobiles comportent des capteurs de données. L’analyse de ces données permet de développer des systèmes de maintenance prédictive ou d’optimiser les flux de déplacement en zone urbaine. Cette stratégie spécifique à l’Europe n’est pas dans la ligne des grands possesseurs de données aujourd’hui qui les conservent jalousement pour fabriquer des moteurs encore plus puissants dans un esprit parfois éloigné de notre privacy. »

« En rassemblant des dizaines de  cloud providers à travers l'Europe, GAIA-X se donne les moyens de devenir le cloud hybride le plus puissant du marché »

3. Docaposte est membre fondateur du projet GAIA-X, l’initiative européenne d’un cloud souverain européen. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’engagement et l’ambition de Docaposte ?

GAIA-X« Début 2019, l’Allemagne a initié un projet dans le but de créer une infrastructure capable d’héberger des données en respectant les règles européennes relatives à la sécurisation des données et à la transparence vis-à-vis de leur utilisation.
Initialement soutenue par l’industrie 4.0 allemande, le projet est devenu franco-allemand sous l’impulsion des ministres français et allemand de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, en novembre 2019, date à laquelle Docaposte a rejoint l’initiative.

Le premier « position paper » a été publié en février 2020, posant les fondements de GAIA-X, concomitamment à la présentation de la stratégie data européenne par Thierry Breton, Commissaire européen chargé du marché intérieur.
GAIA-X vise à rassembler les cloud providers européens tels que Docaposte mais aussi OVH, Outscale, Scaleway, Atos, Orange, GEC, Telekom.de, Siemens, SAP... Au total, ce projet rassemble 22 membres fondateurs (11 français/11 allemand) regroupés au sein d’une entité fédératrice dont les piliers sont basés sur le respect des valeurs européennes dans la gestion des data, la transparence et l’utilisation des standards internationaux.

Il était essentiel que Docaposte, filiale numérique du Groupe La Poste, Tiers de confiance et acteur majeur de la transformation de notre société, soit présente dans ce projet d’avenir en tant que membre fondateur. Docaposte propose nativement à ses clients des services de cloud souverain et de confiance et apportera au projet ses services et son savoir-faire en matière de mise en œuvre technique des normes européennes.
GAIA-X est aujourd’hui le bon véhicule pour une nouvelle organisation des données basée sur les piliers de la confiance et de la transparence, tout en facilitant la stratégie cloud des clients.
Cette fédération des clouds existants constitue un levier gigantesque dans l’utilisation des ressources et de la R&D de chacun des acteurs, au bénéfice des entreprises. En rassemblant des dizaines de fournisseurs de cloud à travers l'Europe, GAIA-X se donne les moyens de devenir le cloud hybride le plus puissant du marché en mettant l'accent sur l'interopérabilité des données, des services et des infrastructures.
Enfin l'Europe dispose d’un socle règlementaire et juridique solide et partagé, pour accueillir une nouvelle architecture du cloud et des données et garantir la confiance des utilisateurs. »

 

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candice-dauge Le 4 juin 2020, une communication conjointe des ministres français et allemand de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, a annoncé le lancement officiel de GAIA-X, l’infrastructure de données sûre et souveraine portée par les valeurs européennes en matière de gestion des data, de transparence et d’utilisation des standards internationaux. Membre fondateur, Docaposte, déjà très impliquée dans le respect de la confidentialité et de la sécurité des données de ses clients, est fière de lancer, aux côtés des 21 autres membres fondateurs parmi les plus gros acteurs du cloud en Europe (11 français et 11 allemands), ce projet qui conduira l'industrie du cloud dans une nouvelle voie et une nouvelle perspective européenne !

3 questions à Olivier Senot, Directeur de l’Innovation Numérique et des relations Institutionnelles chez Docaposte

1. Certaines entreprises ont pris le virage du cloud dans les années 2010. Comment a évolué cet écosystème d’acteurs du cloud d’infrastructure en Europe ces dernières années ?

« La principale expérience d’un cloud souverain a été initiée en 2012 par Orange qui a tenté, avec Cloudwatt, de créer ex-nihilo une infrastructure dite « souveraine » dans le but de protéger ces données. Cette offre s’adressait aux acteurs professionnels de l’informatique et du numérique, aux entreprises et aux organismes publics. Dans un monde qui évolue extrêmement vite, cette infrastructure a rapidement démontré ses limites notamment en termes de fonctionnalités attendues par les utilisateurs et de capacités techniques. Après une expérience peu concluante, Orange a finalement annoncé à ses clients fin juillet 2019 la cessation de sa plateforme Cloudwatt. Cet échec s’explique probablement aussi par un time to market qui n’était pas le bon à une époque où le cloud n’était pas aussi développé et utilisé qu’aujourd’hui. Le constat actuel, et qui s’appuie sur une récente étude publiée par O’Reilly Media, est que les entreprises en Europe ont été plus lentes à adopter des infrastructures de données basées sur le cloud que le reste du monde, moins d'un quart (24%) ayant utilisé le cloud en production pendant plus de quatre ans. De même, l’Europe accuse un retard conséquent face aux grandes infrastructures américaines ou chinoises.  Heureusement, ces dernières années, les choses se sont accélérées et le marché européen s’est structuré avec des acteurs dont les positions se sont verticalisées avec des cloud IAAS (Infrastructure as-a-service). Parmi eux : OVH, Outscale, ou de nouveaux entrants comme Scaleway (offre professionnelle de Free). Ces acteurs incarnent un cloud européen avec un modèle différent. Ils font face aux géants tels que les Américains Microsoft Azure, AWS d'Amazon , Google et le Chinois Alibaba. Quoi qu’il en soit, l’Europe semble déterminée à rattraper son retard. Le cloud fait désormais partie de l'organisation informatique standard pour stocker « l’or noir du XXIe siècle » : les données. L’intégration du cloud dans le SI des entreprises doit se poursuivre, tant d’un point de vue technique qu’opérationnel. »

2. Qu’est ce qui caractérise le cloud européen ? Qu’est-ce qui fait sa particularité et quelles sont les valeurs à respecter ?

« Aujourd’hui, le cloud européen peut répondre à 2 interrogations que se posent les DSI : comment je protège mes données et comment j’assure la souveraineté de ces données vis-à-vis des infrastructures tiers ? Les sociétés qui ont des infrastructures en Europe, dont beaucoup sont américaines, ne respectent pas pour autant nos valeurs en termes de protection et de partage des données.  La Chine aussi investit massivement : 64 milliards de dollars seront injectés dans les prochaines années dans le développement de leur cloud. Les Chinois sont à même, d’ici 5 ans, d’avoir rattrapé tout le monde et de pouvoir proposer aux entreprises françaises ce genre de technologies, à l'instar des Américains aujourd'hui. Or, les questions de protection et de partage des données sont les 2 principaux dangers que court l’industrie européenne. En effet, à partir du moment où elle ne serait plus capable de sécuriser ses données, elle se mettrait en difficulté. Si la sécurité des données est le premier danger, la vassalité en est un autre. Même avec une infrastructure localisée en Europe, il est crucial de rester indépendant de la technologie et de la politique non européennes pour des données sensibles, mais également pour les données utilisées dans l’apprentissage de l’IA. Dans certains pays européens, on voit en effet des organisations dont l’intégralité du socle informatique repose sur des plateformes non européennes faisant alors naître le risque de perte de maîtrise du socle IT et des données à la faveur d’une tension commerciale ou géopolitique. Pour se libérer de cette dépendance vis-à-vis des géants internationaux, il est important de structurer un cloud européen qui mettra à l’abri les entreprises européennes d’une tension à venir avec les autres continents. Il est donc crucial de favoriser l’émergence d’une infrastructure technique reposant sur les valeurs européennes de partage et de transparence d’utilisation de masses importantes de données  qui nous manque en Europe. Les valeurs de l’Europe reposent également sur une stratégie data qui prône l’échange et la mise en commun des données non personnelles, c’est-à-dire anonymisées,  à travers un outil permettant de nourrir les moteurs d’intelligence artificielle. L’intérêt de cette mise en commun est de pouvoir ainsi produire des modèles mathématiques et prédictifs qui s’adressent plutôt à l’industrie au sens large : automobile, smart city, transports en commun, santé… Par exemple, de plus en plus de véhicules automobiles comportent des capteurs de données. L’analyse de ces données permet de développer des systèmes de maintenance prédictive ou d’optimiser les flux de déplacement en zone urbaine. Cette stratégie spécifique à l’Europe n’est pas dans la ligne des grands possesseurs de données aujourd’hui qui les conservent jalousement pour fabriquer des moteurs encore plus puissants dans un esprit parfois éloigné de notre privacy. »
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3. Docaposte est membre fondateur du projet GAIA-X, l’initiative européenne d’un cloud souverain européen. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’engagement et l’ambition de Docaposte ?

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