Lutte contre la fraude : le numérique, levier d’action des services publics

Article . Date de publication 13.07.2026 - 5 min

Lutte contre la fraude : quand le numérique change la donne 

Usurpation d’identité, création et utilisation de faux documents, détournement d’aides publiques... La fraude est multiforme et touche l’ensemble des politiques publiques : fiscalité, prestations sociales, aides ou encore douanes. 

C’est un véritable fléau qui représente chaque année des montants considérables. Selon les estimations de la Cour des Comptes, la fraude aux aides sociales représenterait à elle seule entre 4 et 8 milliards d’euros par an. Un phénomène qui fragilise de nombreux organismes publics et qui s’appuie souvent sur des pratiques d’usurpation d’identité ou l’utilisation de faux documents.  

Au-delà de son impact budgétaire, elle soulève un enjeu majeur : celui de la confiance des citoyens dans l’équité et l’efficacité de l’action publique. Face à des pratiques toujours plus sophistiquées, les méthodes traditionnelles de contrôle montrent leurs limites. Dans ce contexte, le numérique s’impose comme un levier stratégique pour mieux prévenir, détecter et traiter la fraude. Décryptage de ce phénomène.  

Vérifier l’identité pour sécuriser les démarches 

Avec la généralisation des démarches en ligne, une question devient centrale : comment s’assurer que la personne derrière un écran est bien celle qu’elle prétend être ? 

Les solutions d’identification à distance constituent aujourd’hui un premier rempart contre la fraude. Elles permettent de vérifier l’identité des utilisateurs, d’authentifier les documents et de sécuriser les démarches administratives, renforçant ainsi la fiabilité des procédures. 

« En France, des solutions efficaces et robustes existent : L’Identité Numérique La Poste, par exemple, assure une identification forte et sécurisée à distance, trace et sécurise chaque démarche administrative. Elle représente un moyen simple et efficace de renforcer la confiance mutuelle entre les services publics et les citoyens. » Benoît Parizet, Directeur général adjoint de Docaposte en charge du Secteur Public 

Comprendre les mécanismes de fraude 

Identifier les fraudeurs ne se limite pas à vérifier l’identité des usagers. Pour être efficace, la lutte contre la fraude suppose aussi de mieux comprendre les fraudeurs et les stratégies utilisées. 

On parle souvent de « Know your frauder », par analogie avec le système « Know your customer » (ou KYC, utilisé par les banques).  

Plusieurs profils de fraudeurs coexistent :

  • Il peut s’agir de fraudeurs occasionnels, qui utilisent par exemple de faux documents ou de faux arrêts de travail.  
  • D’autres agissent de manière plus organisée, en créant de faux comptes ou de fausses déclarations à grande échelle pour obtenir des aides.
  • Il existe aussi des réseaux structurés, capables de coordonner des attaques sophistiquées en utilisant des moyens variés pour masquer leurs activités. 

L’intelligence artificielle, nouvel outil contre la fraude 

Face à ces pratiques, les administrations doivent s’appuyer sur des capacités d’analyse de données plus avancées afin d’identifier des comportements suspects, à l’image de l’intelligence artificielle.  

Grâce à l’analyse automatisée de grandes quantités de données, l’IA permet de détecter des schémas frauduleux difficiles à repérer par des méthodes classiques. 

« L’IA est une technologie précieuse quand il s’agit de détecter des anomalies dans le cadre de la fraude, à une échelle bien plus vaste que les méthodes manuelles ne le permettent. » Benoît Parizet 

Les résultats sont d’ailleurs déjà tangibles. Par exemple, la DGFiP a réduit de 30 % les fraudes fiscales dans certains départements pilotes grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle. La mise en recouvrement de 2,5 milliards d’euros de droits et pénalités en 2024, soit 400 millions d’euros de plus que l’année précédente, a ainsi été possible. Mais ces technologies, aussi puissantes soient-elles, posent une autre question essentielle : celle de leur maîtrise. 

La souveraineté numérique, un enjeu stratégique 

Au-delà de la performance technologique, un autre enjeu apparaît incontournable : celui de la souveraineté numérique. 

« Plus que de simples outils, les solutions numériques sont des instruments de prévention et de détection efficaces au service de l’intérêt général. À une condition : qu’elles soient souveraines, sécurisées, hébergées et développées en France. » Benoît Parizet 

Le recours à des technologies développées et opérées localement permettrait notamment d’éviter que ces données ne soient soumises à des législations étrangères telles que des lois extraterritoriales. Car la lutte contre la fraude n’est pas seulement un sujet technique, c’est aussi une question de confiance et de souveraineté. 

S’appuyer sur des partenaires souverains comme Docaposte est un gage de protection des données sensibles des usagers et citoyens. Aucune manipulation ou collecte abusive n’est possible.

Conjuguées ensemble, transparence et confiance garantissent des services publics à la fois plus efficaces, plus transparents et plus fiables.  

Source : Benoît Parizet, « Lutte contre la fraude : le numérique, levier d’action des services publics », Acteurs Publics, octobre 2025