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Article . Date de publication 03.03.2026 min . 👁 8 min
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La promotion de la place des femmes dans le numérique est au cœur des engagements de Docaposte, entreprise engageante et engagée. Cela se traduit par des actions mises en place et des valeurs portées par ses dirigeants. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2026, Sylvie Verstraeten, DRH de Docaposte, et Frédéric Dufaux, DGA de Docaposte, partagent leurs regards croisés sur le sujet.
Parce que les chiffres parlent d’eux-mêmes : seulement 16% des postes techniques du secteur numérique - développement informatique, études, cybersécurité… - sont occupés par des femmes. Cette sous-représentation se retrouve tout au long de leur parcours, de l’école aux entreprises. En tant que DRH chez Docaposte, porter le sujet de la place des femmes dans le numérique est au cœur de mes responsabilités.
D’abord parce que la tech structure aujourd’hui notre économie et nos services publics. Si nous ne travaillons pas activement à la mixité, nous risquons de construire un numérique qui ne reflète pas la société. En tant que DRH, je suis garante de l’équité des parcours : recrutement, rémunération, évolution, accès aux postes à responsabilité. La mixité ne doit pas être un principe affiché, mais une réalité mesurée et pilotée. Porter ce sujet, c’est agir pour que le numérique soit à la fois plus performant et plus inclusif.
Sylvie Verstraeten : Ce chiffre est révélateur et interroge d’abord l’éducation et les représentations. Que ce soit dans les classes scientifiques, dans les classes préparatoires aux grandes écoles ou les emplois techniques du numérique, les femmes restent sous-représentées. La proportion des étudiantes en écoles d’ingénieurs est inférieure à 20% et ce déséquilibre perdure depuis plus de 20 ans. Il se traduit immanquablement dans le monde professionnel par la suite.
Le rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes met en lumière un constat majeur : l’autocensure et les stéréotypes de genre agissent bien avant l’entrée sur le marché du travail.
Il y a aussi un sujet de rétention des talents féminins : selon plusieurs études, plus de la moitié des femmes quittent la tech après 35 ans, soit 8 ans après le début de leur carrière. Notre rôle en tant qu’entreprise est de montrer des modèles, partager des témoignages et agir sur la représentativité des métiers, le recrutement et tout au long des carrières.
Frédéric Dufaux : J’y vois un immense gaspillage de talent. Avec l’accélération des besoins en compétences numériques, se priver de la moitié des cerveaux disponibles est une erreur stratégique. Cette sous-représentation est d’autant plus problématique aujourd’hui, à l’ère de l’IA et du développement d’algorithmes, où près de 90 % des programmes sont développés par des hommes. Comment espérer que les machines ne reproduisent pas les biais de genre ? À titre personnel, ce chiffre renforce ma conviction : l’engagement doit commencer dès le plus jeune âge, et les entreprises ont un rôle à jouer dans ce changement culturel.
Je pense en effet que favoriser la place des femmes dans la tech n’est pas seulement une question d’équité, c’est un levier d’innovation, de performance et de progrès pour toute la société.
La diversité des parcours, des expériences et des façons de penser est essentielle pour relever les défis que présentent les projets complexes. Chaque regard différent apporte une perspective unique, permet de remettre en question les idées reçues et d’envisager des solutions auxquelles une équipe homogène n’aurait pas pensé. L’innovation naît précisément de cette richesse de points de vue et de cette complémentarité des talents. À l’inverse, des équipes composées de profils trop similaires ont tendance à produire des solutions uniformes, limitées et moins adaptables face aux enjeux complexes du monde professionnel.
Ce sont précisément ces idées que je m’efforce de porter au sein de l’équipe de France du Numérique en tant que membre du CA de Numeum et vice-président de Talent du Numérique, en promouvant activement la diversité et la parité dans ces écosystèmes.
Frédéric Dufaux : Le lien entre diversité, parité et performance financière ne me surprend guère. En effet il ne s’agit pas simplement d’une coïncidence : ces entreprises ont fait des choix culturels profonds. La diversité permet de réduire les angles morts et d’éviter la pensée unique : on prend moins de décisions avec des biais non conscients.
Ce chiffre est un impératif : sans progrès, nous nous exposons à une fragilité stratégique. En outre, des études montrent que les équipes diversifiées sont jusqu'à 35 % plus performantes en matière d'innovation. Pour la tech, qui souhaite évoluer de manière inclusive et durable, la question de la mixité ne peut donc être ignorée. Il ne s'agit plus de se demander si la diversité coûte, mais plutôt de comprendre combien coûte son absence. Les chiffres montrent clairement que performance économique et justice sociale ne sont pas opposées, mais au contraire, se renforcent mutuellement.
Sylvie Verstraeten : S’engager, ça ne veut pas dire tout changer du jour au lendemain : cela commence par le fait de poser un regard différent sur les candidatures, questionner nos reflexes dans les promotions, être attentifs aux prises de parole en réunion... Ensuite, cela peut passer par la formation des managers aux biais inconscients, l’objectivation des écarts de rémunération, la mise en lumière des parcours modèles...
La parité figure dans nos objectifs RH, comme un investissement stratégique. Mais l’’implication des décideurs des entreprises est déterminante, elle ne peut pas rester cantonnée à la DRH : c’est pourquoi il faut intégrer la diversité à la fois dans la gouvernance, les recrutements et le développement des technologies.
Chez Docaposte, nous démontrons nos convictions par l’action. Cela se traduit par la mise en avant régulière de nos collaboratrices, au travers de témoignages et de communications valorisant l’exemplarité.
Notre démarche se reflète aussi dans nos chiffres : dans notre centre en Tunisie, nous comptons 50% de femmes, y compris chez les développeurs.
Nous allons également doubler notre prime de cooptation pour les femmes dans la tech entre mars et avril, parce que le réseau est l’un des meilleurs leviers de recrutement. Nous travaillons sur la formation interne pour accélérer leur parcours.
Sylvie Verstraeten : Il faut poursuivre les efforts et ne pas renoncer ! Les carrières dans la tech sont nombreuses et diversifiées et l’arrivée de l’IA l’illustre parfaitement. Il est important de souligner que les femmes ont toute leur place et peuvent apporter une contribution déterminante, tant par leurs compétences techniques que par des compétences analytiques, critiques, métier ou encore humaines. On a tendance à associer l’intelligence artificielle uniquement à des compétences très techniques — programmation, mathématiques avancées, data science — qui bien sûr sont cruciales.
Mais déployer et utiliser l’IA dans une organisation implique en réalité un éventail de compétences beaucoup plus large. Cela inclut :
Le principal changement à opérer est culturel : tant que les sciences et la tech seront perçues comme des univers “masculins”, nous continuerons à perdre des talents. C’est pourquoi nous devons élargir la définition du leadership, diversifier les modèles de réussite et montrer que la compétence n’a pas de genre. La mixité ne progresse pas quand on demande aux femmes de s’adapter au système ; elle progresse quand le système évolue.
Frédéric Dufaux : Pour avancer sur le sujet de la place des femmes dans le numérique, il est essentiel de commencer par l'éducation et la sensibilisation dès le plus jeune âge. C’est à ce moment-là que se forgent les aspirations et les choix de carrière, et il est crucial de déconstruire les stéréotypes de genre. En parallèle, l'accompagnement et le mentorat jouent un rôle fondamental. Il ne suffit pas d’attirer plus de femmes dans la tech, il faut aussi les soutenir pour qu'elles y restent et y progressent. Cela passe par un cadre bienveillant, des opportunités de développement, et des modèles inspirants. La parité est une véritable chance pour les entreprises et pour la société en créant des équipes diversifiées, plus créatives et plus performantes, comme rappelé.
Mon dernier message s’adresse aux femmes et surtout aux hommes :
Mesdames, soutenez, questionnez les stéréotypes, explorez toutes les filières, quelle que soit votre spécialité.
Messieurs, soyez exemplaires : refusez la voie de la facilité en choisissant dans le vivier des 90% de talents masculins, aller chercher les perles rares dans les 10% de femmes qui osent le numérique et laisser les grandir et prospérer, vous verrez, vous ne serez pas déçu.
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