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Article . Date de publication 03.07.2026 - 7 min
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La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) est aujourd’hui l’un des enjeux majeurs du secteur financier. Pilier de la gestion des risques pour les organisations manipulant des flux financiers, la LCB-FT vise à :
Pour lutter contre ce phénomène, l’Union européenne a progressivement renforcé son cadre réglementaire. Les principales dispositions sont codifiées dans le Code monétaire et financier (notamment les articles L.561-1 et suivants), qui définissent les obligations de vigilance, de déclaration de soupçon à Tracfin* ainsi que les mesures de gel des avoirs.
Mais les écarts de mise en œuvre réglementaires entre les États membres ont mis en évidence la nécessité d’une approche plus harmonisée. L'UE a donc adopté en 2024 le règlement AMLR pour unifier les règles applicables au sein du marché européen et clarifier le périmètre des entités assujetties.
Mais quels enjeux ce nouveau cadre représente-t-il concrètement pour les acteurs concernés ? Comment rebat-il les cartes en matière de LCB-FT ?
Lumière sur cette nouvelle réglementation.
Le règlement 2024/1624 relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux, aussi appelé AMLR (Anti-Money Laundering Regulation), est un règlement européen qui harmonise une large partie des obligations de LCB-FT au sein des États membres.
Cette nouvelle réglementation fixe donc un socle européen commun directement applicable dans le droit national. Il s’inscrit dans un paquet législatif dit « AML », comprenant :
Adopté le 31 mai 2024, l'AMLR s’appliquera dans les États membres à compter du 10 juillet 2027.
Jusqu’à présent, le cadre européen de la LCB-FT reposait sur un ensemble de pratiques et normes locales ainsi que de directives européennes (AMLD). Bien que le tout formait un socle commun assez solide, les directives étaient en réalité transposées de manière hétérogène dans chaque État membre.
Ainsi, l’adoption d’un règlement directement applicable dans le droit local supprime les écarts entre les transpositions, donne plus de cohérence à la matière existante et fait converger les pratiques.
L’AMLR introduit des transformations notoires en matière de LCB-FT, avec plusieurs évolutions structurantes telles que :
En clair, le nouveau cadre législatif vient renforcer les exigences déjà existantes afin d’avoir, à terme, une approche plus globale à l’échelle européenne.
L’AMLA constitue l'un des piliers majeurs du nouvel arsenal juridique de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Elle exerce progressivement un rôle de supervision, de coordination et de normalisation, à horizon 2028.
Elle favorise la coopération européenne en la matière pour contribuer à l’application d’un cadre harmonisé.
L’AMLA supervisera directement une quarantaine d'établissements financiers parmi les plus complexes et les plus exposés au risque, actifs dans au moins six États membres. La sélection sera lancée à compter du 1er juillet 2027 et la supervision directe prendra effet en 2028.
Cette création met l’accent sur la volonté de l’UE de structurer plus encore les données et de mieux coordonner les contrôles entre États membres.
Autrement dit :
Un autre apport majeur de la nouvelle réglementation est l’élargissement et la clarification du périmètre des entités soumises aux obligations de LCB-FT.
Initialement, la réglementation concernait de nombreux acteurs financiers traditionnels tels que :
Avec le nouveau cadre, sont désormais concernés ou mieux encadrés :
Si le KYC concentre une grande partie de l’attention, les impacts de l’AMLR sont en réalité bien plus larges pour les entités financières. Ils touchent six domaines :
C’est donc l’ensemble du dispositif de conformité qui est appelé à évoluer.
Le KYC en est l’illustration la plus visible. Pensé jusqu’ici comme une étape ponctuelle lors de l’entrée en relation client, il doit désormais être appréhendé comme une étape continue du parcours client. L’objectif : renforcer l’approche par le risque, grâce à des données plus qualitatives et mieux vérifiées.
La pièce justificative passe d’élément central du KYC à un simple support d’information, pour laisser place à de nouveaux critères de validité des dossiers : robustesse du dossier, qualité des données et lisibilité des choix opérés.
« Le vrai changement de l’AMLR, c’est le passage d’un KYC périodique à un KYC continu : le dossier se met à jour quand la situation du client évolue, pas seulement à la date prévue. Une vraie chaîne de traitement de la donnée se met en place : donnée > source > contrôle > décision > preuve. » Sabrina Lehchibi, Responsable marketing marchés Banques et Assurances.
La même logique s'applique au KYB (Know Your Business). L'enjeu ne se limite plus à l'identification des bénéficiaires effectifs. La chaîne de détention et de contrôle doit être reconstituée, documentée de bout en bout et la traçabilité assurée, sous une gouvernance dédiée.
Les entités concernées devront donc renforcer la qualité et le pilotage de leurs données, moderniser leurs dispositifs KYC et aligner leurs processus sur les standards AML harmonisés à l'échelle européenne.
Dans ce contexte de renforcement des obligations de vigilance à l'égard de la clientèle (CDD ou Customer Due Diligence), d'autres outils d'identification pourront être mobilisés, comme l'identité numérique européenne mise à disposition dans les portefeuilles européens d'identité numérique (eIDAS 2), pour faciliter la vérification d'identité.
L’échéance approchant, les entités concernées ont tout intérêt à se saisir rapidement de cette mise en conformité pour réduire leurs coûts et renforcer leur compétitivité.
Chaque acteur doit donc commencer par évaluer les besoins d’évolution technologiques et former leur personnel aux enjeux que représentent ce nouveau cadre AMLR.
De l’analyse d’écart à la modernisation de vos dispositifs KYC et KYB, Docaposte vous accompagne avec l’exigence d’un tiers de confiance souverain et une maîtrise concrète des enjeux LCB-FT.
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